Le CIC, filiale du groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale, publie ses grilles de taux de compte à terme, ce qui reste rare parmi les réseaux d'agences. Sa gamme couvre deux publics : le Compte Évolutif pour les particuliers, à 3.20% de rendement actuariel moyen sur cinq ans et accessible dès 150 €, et quatre formules Tempo et CATIP pour les professionnels, de 3 à 60 mois.


Un réseau d'agences qui affiche ses taux
Le CIC appartient au groupe Crédit Mutuel Alliance Fédérale depuis 1998 et exploite environ 1 560 agences en France. Sur le compte à terme, sa particularité tient à la transparence des grilles : les taux figurent sur le site de la banque, quand la plupart des réseaux traditionnels renvoient à une négociation en agence. L'offre se lit en deux blocs, l'un pour les personnes physiques, l'autre pour les professionnels et les entreprises.
Les deux blocs partagent la même mécanique : versement unique à l'ouverture, aucun frais d'ouverture, de gestion ni de clôture, et taux connu dès la signature. Aucun versement complémentaire n'est accepté ensuite, ce qui fait du montant initial une décision définitive.
Compte Évolutif CIC : la grille sur cinq ans
Le Compte Évolutif est un compte à terme annuel à taux progressif, reconduit par tacite reconduction pendant cinq ans au maximum. Le ticket d'entrée est de 150 € et le plafond de versement est illimité. La souscription est réservée aux personnes physiques.
Le taux de rendement actuariel annuel brut moyen ressort à 3.20% sur cinq ans, pour des conditions en vigueur au 1er juillet 2026. Ces paliers sont garantis par contrat : une baisse des taux de marché en cours de placement ne les remet pas en cause, ce qui constitue l'argument central du produit dans un cycle de détente monétaire.
Le mécanisme est celui d'un compte à terme progressif : la rémunération se concentre sur les dernières périodes. Le 4.22% de la cinquième année n'est pas le rendement du placement, seul le 3.20% actuariel décrit ce que rapporte l'opération menée à son terme. La grille est identique à celle du Tonic Croissance du Crédit Mutuel, les deux réseaux appartenant au même groupe.
Les intérêts sont versés à chaque échéance annuelle ou réinvestis sur le compte à terme renouvelé. La seconde option déclenche la capitalisation et fait légèrement monter le rendement final.
Conditions de retrait et sortie anticipée
Le capital n'est jamais entamé par une sortie avant le terme, mais la rémunération l'est. Aucun intérêt n'est servi si le retrait intervient dans le premier mois de chaque période annuelle, une règle qui relève de la réglementation applicable aux comptes à terme et non d'une clause propre au CIC.
Au-delà, le traitement diffère selon l'ancienneté. Une sortie en première année ramène le taux de la période à la moitié de sa valeur. À partir de la deuxième année, le taux appliqué à la période en cours devient celui de la période précédente, soit une pénalité d'un palier. À chaque échéance annuelle, en revanche, le retrait total ou partiel s'effectue sans frais ni pénalité.
Cette mécanique change l'arbitrage : le placement reste accessible en cas de besoin, mais une sortie en année 3 ou 4 prive des paliers les plus rémunérateurs et ramène le rendement effectif nettement sous les 3.20% affichés.
Les quatre comptes à terme professionnels
Pour les personnes morales et les entreprises individuelles, le CIC décline quatre formules sur des durées de 1 à 60 mois. Deux sont à taux fixe sous l'appellation Tempo, deux à taux progressif sous l'appellation CATIP. Toutes imposent un préavis de 32 jours pour un retrait sans minoration du taux.
Le CATIP Pro 5 ans affiche un rendement actuariel de 3.10%, soit dix centimes de moins que le Compte Évolutif des particuliers, l'écart venant du dernier palier fixé à 3.82% au lieu de 4.22%. Le CATIP Pro 18 mois occupe un créneau plus rare sur le marché, avec des paliers semestriels et un actuariel de 2.80% sur un horizon court. Les deux Tempo à taux fixe visent une trésorerie dont la date de sortie est connue, avec un premier versement de 1 500 €.
Fiscalité des intérêts
Pour un particulier, les intérêts relèvent par défaut du prélèvement forfaitaire unique (PFU), soit 12.8% d'impôt sur le revenu et 18.6% de prélèvements sociaux, soit 31.4% au total depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. L'option pour le barème progressif reste ouverte au moment de la déclaration, mais elle est irrévocable et globale pour l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers.
Sur cette base, un taux brut de 3.20% revient à environ 2.19% net, et le palier d'entrée de 2.40% à environ 1.65% net. Le détail du calcul et le cas de la dispense d'acompte figurent dans la fiscalité du compte à terme.
Pour une entreprise, la logique est différente : les intérêts sont rattachés au bénéfice au fur et à mesure qu'ils courent et suivent l'impôt sur les sociétés ou l'impôt sur le revenu selon le régime fiscal retenu.
Positionnement face au marché en 2026
La Banque de France relève des taux moyens de l'ordre de 2.3% brut sur les dépôts à terme de deux ans ou moins et de 2.4% au-delà. Le 3.20% du Compte Évolutif se situe donc dans le haut de la fourchette, mais au prix d'un horizon de cinq ans. Sur douze mois, le 2.40% de la première année rejoint la moyenne du marché, et plusieurs acteurs en ligne font mieux sur cette maturité.
Face à l'épargne réglementée, l'écart s'est resserré : le Livret A rapporte 1.70% net d'impôt depuis le 1er août 2026, avec une disponibilité permanente. L'arbitrage entre compte à terme et livret se joue donc sur le montant à placer, le plafond du livret et la durée de blocage acceptée.
Notre avis sur les comptes à terme du CIC
Notre point de vue est que le CIC propose l'une des gammes les plus lisibles parmi les réseaux d'agences, avec un avantage réel sur les conditions de sortie. La règle du taux de la période précédente au-delà de la première année est plus favorable que la perte sèche d'intérêts pratiquée ailleurs, et elle rend le blocage de cinq ans moins contraignant qu'il n'y paraît.
La réserve porte sur les maturités courtes. Un épargnant qui vise 12 ou 24 mois trouvera des taux supérieurs chez les acteurs en ligne, sans passage en agence ni ouverture de compte de dépôt. Côté entreprises, le CATIP Pro 18 mois mérite un examen pour une trésorerie à horizon moyen, segment sur lequel les offres restent peu nombreuses.
Le capital reste garanti par l'établissement et les dépôts sont couverts par le Fonds de garantie des dépôts et de résolution (FGDR) à hauteur de 100 000 € par déposant et par établissement. Les taux indiqués correspondent aux conditions publiées au 1er juillet 2026 et sont susceptibles d'évoluer.

























